Consignés

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#37 - Circuit fermé 

Vois comme elles dansent

Vois ces oiseaux,

Vois, les doigts pansent

Les doigts ciseaux.

Vois les nuages

Au pied des ongles

Patients et sages,

Patients et sages.

Le blanc laiteux

Un peu diffus.

Vois les stries,

Comme des branches

Comme les rainures,

Des feuilles des arbres.

Serre ces plis,

Compte ces taches

Compte ces tâches.

Mordille les peaux,

Fines, transparentes,

Les cornes les poils,

Ce qui est mort

Les prises violentes

Est avalé.





#37 - Jeux de mots-mains 

I left my hands up in the air

Nothing to grab, nothing to take

But a filling sense of freedom

But some truth : it is all fake ?

But some raw marks: Is it unfair ?

I got my hands on many things

So Many pens and many pins

It never felt that much empty

Words delaying their creepy wings

On some parchment and some old skins.

Found Red-handed in the garden

Falling again when I promissed

« Oh, no, never, never again »

Sometime’s feel good to yell and run

So, doesn’t mind what I have missed

Sweet Hands in hands, again and still

Watching your fingers far from here

Not to break them or drop the beat

To spoil that pinch of smashed fear

That I found on a scarlet hill

So I won’t force anyone hands

Untie the bloody tie and rope

Till it’s bleeding blue and yellow

Devil makes work for idle hands

So few is left to help us cope





Consigne #37 - Jeux de mains 

Bonjour les écrivants,

Pour la consigne de mi-avril, je vous invite à regarder cette vidéo. Je l’ai découverte dans un cours où on nous parlait d’anthropologie, de conte, de récit, et je l’ai trouvée forte dans son dépouillement. J’ai pensé qu’on pourrait en tirer sans doute de beaux textes, des histoires de mains, ou des histoires de gens, à travers leurs mains. Les vôtres ou celles des autres…

Avec la hâte de vous lire, comme toujours !





Les mains, Christophe Loizillon.





#36 - madeleine 

J’ai cherché sur ma peau ce qui m’est madeleine
Ce qui me resurgit, tend au goût d’absolu
Ce qui s’imprime en moi sans prendre le dessus
Car de ces émotions, j’ai la bouche si pleine

Ce qui marque mon corps, c’est la ville, la reine
Et mes grains de beauté, ceux que je ne vois plus
Disent pourtant en vrac les maisons et les rues
Quel est mon territoire, le mouvement m’entraîne

Ce que retient mon ventre, en folle ribambelle
Ce sont les murs rasés, palimpseste sans nom
Ces bleus sur mes genoux sont aussi bleus du ciel

Cicatrice à mon bras, souvenirs à la pelle
La ville est une amante, et nous nous enlaçons
Quand je n’attendais rien, quand je n’attendais qu’elle.





#36 - et le tout forme un tas 

Images bizarres de béton gris qui se lézarde

Intuitions à balancer

Par-dessus la rambarde

Images muettes de lèvres pourtant bien mobiles

Je le vois bien que tu ricanes

Tout ça nous rend fragile

Les marches des escaliers s’usent par le milieu

On a étêté le vieux cèdre

Les tourterelles, adieu

Images d’icônes dorées, parfumées à l’encens

Le vieil encensoir nous asperge

Gratte le bois du banc

Images boréales que l’on préfère difformes

Une tyrolienne entre les yeux

Sous la loupe des dents énormes

Fixité de l’effroi puis course échevelée

Entrelacée à double nœud

Elle a peur des criquets





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